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Une prière exaucée : L'histoire de Trizzer Joyce

D’une enfance marquée par la précarité à une place méritée dans l’une des meilleures universités du Kenya, voici le parcours de Trizzer Joyce Enesa. Entre pauvreté, travail et humiliation mais aussi solidarité, compassion et soutien, son témoignage résonne comme un message d’espérance !

Photo de Trizzer Joyce.

Trizzer Joyce Enesa a grandi dans un foyer monoparental marqué par la pauvreté. Dès l’âge de cinq ans, elle commence à travailler pour soutenir sa mère qui tient un petit commerce. « Je vendais des cacahuètes puis, plus tard, du poisson séché, du githeri – un mélange de maïs et de haricots bouillis – après l’école », se souvient-elle.

Malgré ces débuts difficiles, elle y trouve les premières étincelles de sa vocation. « Avec le recul je suis reconnaissante pour ce chapitre de ma vie car il m’a initiée au monde des chiffres et a révélé mon talent naturel », affirme la jeune femme.

Un geste qui change tout

À l’école, malgré ses bons résultats, Trizzer Joyce est humiliée à cause de ses vêtements et chaussures abîmés. « Je faisais partie des meilleurs élèves, mais je souffrais beaucoup des moqueries à cause de mes habits usés », raconte-t-elle.

Un jour, son enseignante, Mme Wang’ombe, remarque sa détresse et organise une collecte avec les autres élèves pour lui offrir une nouvelle paire de chaussures. Ce geste restera gravé dans son cœur : « La bonté de Mme Wang’ombe n’était pas un simple geste ponctuel, c’était comme un avant-goût de la compassion qui m’attendait au sein de Compassion International. »

Un tournant décisif

Peu après, Trizzer Joyce rejoint un Centre de Développement de l’Enfant et du Jeune (CDEJ). Elle se souvient encore de ce moment : « Pour la première fois, à neuf ans, j’avais accès à un uniforme scolaire complet et propre, à des chaussures solides, et croyez-le ou non, à des chaussures de sport ! Quel privilège, quel cadeau ! Je vivais littéralement une prière exaucée. »

Cette même année, elle termine première de sa classe qui compte près d’une centaine d’élèves. « Pour la première fois, je me sentais vraiment à ma place, libérée des moqueries. Comme un oiseau relâché de sa cage », déclare-t-elle.

Réussites et découvertes

Au fil des années, le CDEJ devient pour elle une véritable seconde maison : les chants, les repas, les cours et même les anniversaires marquent profondément sa mémoire. « Tout cela s’imprimait en moi, me rappelant ma valeur », sourit l’ancienne parrainée.

Elle excelle aussi dans les activités sportives, notamment lors d’un concours de Scrabble. « Ce qui rend ce souvenir encore plus spécial, c’est que j’appris à jouer le jour même du concours en moins d’une heure de coaching… et à partir de là, j’ai progressé jusqu’aux compétitions nationales », révèle Trizzer Joy.

De plus, son lien avec sa marraine et son parrain devient pour elle une source constante de joie et de motivation : « Recevoir une lettre, des prières, des cadeaux à Noël ou à mon anniversaire… C’était un cadeau rare. Quel plus bel exemple de l’amour du Christ pouvait-on demander ? »

Un avenir plein d’espérance

Après avoir intégré l’un des meilleurs lycées du pays, Trizzer Joyce poursuit ensuite des études d’actuariat à l’Université de Nairobi. Aujourd’hui, en dernière année, l’étudiante garde une confiance intacte en l’avenir : « Honnêtement, je n’ai aucune idée de ce que l’avenir me réserve, mais je choisis de faire confiance à Dieu et à ses plans bienveillants ! »