Créer des ponts entre parrains et enfants : la mission de Keller Shikuku
Depuis 17 ans, Keller Shikuku œuvre au sein de Compassion Kenya pour que chaque parrain puisse mesurer la force de son soutien et voir les enfants grandir remplis d’espoir. Passionné, il nous fait part de sa vision, des défis auxquels ses équipes font face et des moyens concrets pour renforcer la relation parrain-filleul.
SEL : Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
Keller Shikuku : Je m’appelle Keller Shikuku. J’ai une famille merveilleuse ! Ma femme, Josephine Andove et moi avons trois enfants. Ensemble, nous sommes très engagés dans notre Église locale : je sers en tant que pasteur principal, mon épouse enseigne chez les enfants et chante dans l’équipe de louange, et nos enfants participent également aux activités de l’Église.
J’ai le privilège de servir en tant que responsable du soutien aux parrains et donateurs pour Compassion Kenya. Cela fait maintenant 17 ans que je sers dans ce ministère. Mon rôle consiste à accompagner les enfants depuis leur inscription, en passant par le suivi de leurs progrès, jusqu’à leur sortie du programme.
Votre mission semble vous tenir à cœur…
KS : Oui, créer des ponts entre les parrains et leurs filleuls me passionne ! Chaque jour, je peux faciliter des liens significatifs en m’assurant que les parrains comprennent vraiment la différence qu’ils font ! L’un des aspects les plus gratifiants de mon travail est de former les équipes des Centres de Développement de l’Enfant et du Jeune à capturer l’essence du parcours de chaque enfant et à raconter leurs histoires de manière percutante.
Quels sont, selon vous, les plus grands défis auxquels Compassion Kenya est confronté aujourd’hui ?
KS : Nous faisons face à divers défis :
- Le chômage et le sous-emploi (en particulier chez les générations Y et Z) mais aussi les inégalités économiques, la baisse du pouvoir d’achat et la surtaxation des revenus.
- Le nombre limité de nouvelles inscriptions possibles pour les enfants alors que les besoins dans les communautés sont criants.
- La nécessité de soutenir l’éducation des enfants, des jeunes et l’alphabétisation des adultes.
- La question de la protection de l’enfant, notamment l’amélioration des conditions de logement des participants. Dans certaines familles, les enfants partagent une seule pièce avec leurs parents et leurs frères et sœurs, les exposant à des risques d’abus.
De quelle manière les parrains français peuvent-ils mieux aimer et comprendre les enfants qu’ils soutiennent ?
KS : La relation parrain-enfant se construit dans le temps et par la communication. Les lettres et les visites – qu’elles soient physiques ou virtuelles – sont essentielles. Je les encourage à poser de nombreuses questions pour mieux comprendre le contexte de vie de l’enfant, ses défis, ses joies, ses rêves et ses espoirs pour l’avenir !
Quels souvenirs marquants gardez-vous de vos années à Compassion ?
KS : Plusieurs moments m’ont profondément marqué :
- Enregistrer des enfants dans nos programmes lorsqu’ils ont entre 3 et 5 ans, puis les voir grandir et atteindre le potentiel que Dieu leur a donné.
- Accompagner des parrains en visite et voir la joie et les sourires dans leurs yeux et ceux des enfants et de leurs familles.
- Chaque fois que nous envoyons une lettre individuelle à un parrain, c’est un moment qui me rend heureux.
- Ma visite dans la région de Turkana, où les enfants n’avaient ni nourriture, ni vêtements, ni éducation ; puis, après leur inscription au programme, les voir retrouver l’espoir, accéder à la nourriture, aux vêtements et à l’éducation.
Un mot pour conclure ?
KS : Je suis toujours enthousiaste à l’idée de rencontrer ceux qui soutiennent notre mission et de partager avec eux les belles histoires de transformation de vie rendues possibles grâce à leur générosité. Je remercie Dieu pour l’opportunité de servir les enfants et les jeunes et j’ai hâte de continuer à construire des profondes relations avec les marraines et les parrains.