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Soutien, apprentissage et vocation : l’histoire de Yannely

Depuis l’âge de quatre ans, Yannely Suero a bénéficié du programme de parrainage. Dans cette interview, elle nous parle de son parcours : de ses premières formations à sa vocation pour la pédiatrie, en passant par l’importance de l’accompagnement de sa marraine.

Image de Yannely du CDEJ.

Peux-tu te présenter ?

 Je m’appelle Yannely, j’ai 17 ans et j’habite en République dominicaine. Je viens juste de terminer le lycée. Je suis en train de faire mon apprentissage avant d’aller à l’université. Je vis avec ma mère et un de mes frères. Je suis entrée dans le programme de parrainage vers l’âge de quatre ans. 

Que dirais-tu de ton expérience dans le Centre de Développement de l’Enfant et du Jeune ? 

Je suis profondément reconnaissante pour ce projet. Le personnel du Centre compte beaucoup pour moi. J’appelle Soribel, la directrice, ma deuxième mère. Elle est toujours très attentionnée, prête à m’offrir l’opportunité de me développer, à m’écouter et à m’aider. 

Aussi, j’ai eu la chance de visiter de nombreux endroits en République dominicaine, que je n’aurais probablement jamais vus. Nous avons aussi pu participer à des ateliers de formation et à des retraites de jeunesse… Les mots ne suffiraient pas pour tout décrire. 

Peux-tu nous en dire plus sur les ateliers de formation ? 

La dernière formation à laquelle j’ai assisté était la formation Sin Excusas (Sans Excuses). J’avais déjà quelques connaissances grâce aux formations précédentes sur le VIH/SIDA et les maladies sexuellement transmissibles. Mais on n’arrête jamais d’apprendre. Ça m’a beaucoup aidée, non seulement parce que j’ai appris, mais aussi parce que j’ai pu partager avec les autres ce que j’avais appris. 

A l’école, on nous donnait des opportunités pour parler aux élèves. Dans ma classe, j’avais des camarades qui faisaient partie de la Croix-Rouge, et eux aussi recevaient ces formations. Nous répartissions les sujets entre les intervenants ; moi, je parlais surtout du VIH. D’abord, j’expliquais ce que signifient les lettres VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine. Ensuite, je leur expliquais que le VIH est le virus qui transmet le SIDA, qu’il se transmet d’une personne infectée à une personne non infectée. Je leur expliquais les voies de transmission ainsi que les façons de le prévenir. 

Le domaine de la santé semble particulièrement t’intéresser… 

Oui, je souhaite faire de la médecine et me spécialiser en pédiatrie. Je me souviens que lorsque Soribel était ma maîtresse en maternelle, je disais toujours : « Je veux être docteur. Je veux être docteur ! »

 Image de Yannely Suero, beneficiaire du CDEJ.

Pourquoi ? Pour aider les enfants qui sont dans les rues, parce que leurs parents n’ont pas les moyens de les emmener à l’hôpital et pour les soigner comme ils doivent l’être. Petite, je voyais des enfants marcher pieds nus, sans vêtements ; aujourd’hui encore, j’en vois. J’étais très jeune, mais cela m’a marquée. Je veux créer une fondation pour que les enfants puissent venir et être examinés. 

Penses-tu que ton parcours scolaire aurait été différent si tu n’avais pas bénéficié du parrainage ?

 Oui ! Ma vie aurait été très différente. Ma marraine a toujours payé mes études. Sans elle, je n’aurais pas été scolarisée. Et puis, au Centre, ce n’est pas comme à l’école, où l’on te traite juste comme un élève ; là-bas, on ne ressent pas cet amour ni cette affection. Grâce au Centre et à ma marraine, j’ai été aidée dans mes études et j’ai pu me développer dans ce sens. 

Quel rôle ta marraine a-t-elle eu dans tout ça ? 

Dorothy est ma marraine depuis que je suis toute petite. L’autre jour, je me suis assise pour relire toutes les lettres qu’elle m’a envoyées, et j’ai pleuré… J’ai toujours rêvé de devenir médecin, et un jour je lui ai écrit cela dans une lettre. Elle m’a répondu : « Je prie pour que tes rêves deviennent réalité et que tu deviennes une grande doctoresse. » Dans sa lettre suivante, elle m’a répété la même chose. Et je me suis dit : « Ouah, elle se souvient encore de ce pour quoi je lui ai demandé de prier ! » Des larmes me sont venues, parce que je me suis dit : « Elle me considère comme quelqu’un de très important. » 

Elle a toujours été tellement attentionnée : elle m’a écrit, m’a envoyé des cadeaux… À chaque occasion, elle me parlait de sa famille : qu’un petit-fils était né, que quelqu’un avait fait ceci ou cela… Comme si j’étais un membre de sa famille. Ça a toujours été quelque chose de très beau. 

Je prie pour elle, où qu’elle soit. Je demande à Dieu de la bénir, de lui donner longue vie et bonne santé, et de la récompenser pour tout ce qu’elle a fait pour moi, car elle m’a tellement aidée ! 

Un parrainage qui change des vies !

 Aujourd’hui, Yannely est médecin pédiatre. Elle s’est mariée à Jose Pina, lui aussi ancien parrainé devenu médecin et est maman de deux petites filles. Ensemble, ils ont récemment ouvert un centre de santé spécialisé en pédiatrie et nutrition clinique, combinant leur expertise et leur expérience personnelle. 

 Image de Yannely et de sa famille.

Ce qui a commencé par un soutien physique, affectif, éducatif, et spirituel a débouché sur une vocation professionnelle concrète et sur un projet qui continue d’aider enfants et familles… 

Offrez à un enfant les outils pour construire son avenir : parrainez !

Je parraine un enfant !