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Travail, sagesse et providence : entre responsabilité et confiance

Que vaut le travail dans un monde où la richesse reste incertaine et où, même en travaillant, certains manquent du nécessaire ? La Bible nous encourage à être fidèles dans nos tâches, à placer notre confiance en Dieu et à faire preuve de générosité envers ceux qui ont peu.

Image d'une personne nourrissant des moutons.

Le travail est un moyen de pourvoir à ses besoins terrestres de base et à ceux de sa famille : nourriture, boisson, vêtement, logement, etc. Dans un monde marqué par le péché, cela se fait à la sueur de son visage (cf. Genèse 3.19) mais cela reste le chemin ordinaire par lequel Dieu continue à nous accorder notre pain quotidien. 

Les fruits du travail 

Dans le livre des Proverbes, un passage développe quelques recommandations pour une manière saine d’envisager le travail : 

Sois bien au courant de l'état de ton bétail, prends grand soin de ton troupeau. En effet, la richesse ne dure pas toujours : même les couronnes ne se transmettent pas indéfiniment. Coupe l'herbe des champs et, pendant que l'herbe nouvelle pousse, ramasse le foin sur les montagnes. Aie des moutons pour te confectionner des vêtements, des boucs pour acheter un champ. Le lait que tes chèvres donnent avec abondance, utilise-le pour te nourrir ainsi que ta famille et tes servantes. (27.23-27 Version Nouvelle Français Courant)

 Tous les détails de ce texte ne sont pas traduits et compris exactement de la même manière d’une version de la Bible à l’autre mais quelques lignes de force se dégagent. Tout d’abord, même si la description présentée ici ne nous parle pas de l’abondance et des délices du jardin d’Éden, le ton est bel et bien positif. Il nous parle d’un travail qui en vaut la peine, qui permet de se vêtir, d’acheter ce dont on a besoin (ou de payer ce que l’on doit), de se nourrir avec sa famille en y incluant même du personnel domestique (des « servantes »). On pourrait le compléter par un verset du chapitre 24 : « Soigne ton ouvrage au-dehors, organise-le dans ton champ, ensuite tu bâtiras ta maison. » (verset 27, Bible à la Colombe) En faisant les choses dans l’ordre, on peut arriver à construire quelque chose dans la vie.

 Chercher la sagesse plutôt que l’abondance 

En même temps, le ton reste sobre : la richesse est possible mais, comme le dira plus tard l’apôtre Paul, elle est incertaine (cf. 1 Timothée 6.17). Si l’on compte sur elle, on risque d’être déçu. Même le travail ne permet pas de se la procurer de façon assurée. D’ailleurs, est-ce vraiment cela qu’il faut viser ? Faut-il travailler toujours plus et / ou mieux pour augmenter toujours davantage son pouvoir d’achat ou plutôt travailler de façon consciencieuse et énergique pour pouvoir vivre de façon sage et simple ?

Image de deux personnes travaillant dans les champs.  

Les consignes du texte des Proverbes laissent pressentir que le sujet est sérieux : être soigneux dans son activité n’est pas une option. En creux, on comprend que faire autrement expose au risque du manque. Le monde dans lequel nous vivons n’est pas si facile et c’est déjà bien d’avoir ce dont on a besoin en s’engageant pleinement dans les tâches qui nous incombent. 

Partager son pain 

Les Proverbes ne sont pas un livre de recettes qu’il suffit de suivre à la lettre pour obtenir automatiquement le résultat désiré. Ils nous donnent des vérités générales qui reflètent la manière dont Dieu a structuré sa création. Elles connaissent des exceptions, parfois nombreuses, en raison des dérèglements considérables introduits par le péché. Toutes les personnes de bonne volonté ne sont pas en mesure de vivre le modèle proposé en Proverbes 27.23-27 : une situation de guerre, des catastrophes naturelles, l’oppression de plus puissant que soi, des erreurs ou même des fautes de parcours qui ont compromis sa situation, des circonstances adverses, etc. peuvent priver de plus que de la « richesse » ou des « couronnes ». Certains se retrouvent avec très peu ou même quasiment rien. 

C’est ici que la solidarité doit intervenir. Un Proverbe affirme : « L’homme qui regarde autrui avec bonté sera béni parce qu’il a partagé son pain avec le pauvre. » (22.9) Avec celui qui manque, nous sommes appelés à partager. Mais même dans ce cas notre texte garde sa pertinence. L’horizon de l’aide au pauvre, c’est bel et bien la situation dans laquelle il se retrouve capable de travailler soigneusement et de pourvoir à ses propres besoins : non pas forcément de devenir riche mais d’avoir ce qui est suffisant pour vivre. 

Un berger qui pourvoit 

Les perspectives de sagesse que nous fournit le texte prennent un relief tout particulier à la lumière de Jésus et de son œuvre pour nous : il se présente lui-même, dans l’Évangile, comme un berger qui connait bien chacune de ses brebis et qui donne ses soins à son troupeau (cf. Jean 10). Nous ne sommes pas appelés à construire notre vie par notre travail à la seule force de nos ressources naturelles, en serrant les dents et en nous débrouillant tout seuls quand cela ne va pas. Mais pris en charge par notre Sauveur, nous pouvons nous charger du joug qu’il met sur nos épaules, contribuer aux biens des nôtres, regarder le pauvre avec bonté et essayer de lui faire profiter de quelque chose des bénédictions que nous avons-nous-mêmes reçues.