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Certaines crises humanitaires sont négligées… et ne devraient pas l’être !

De nombreuses crises humanitaires frappent notre monde mais certaines sont négligées : parce qu’elles sont trop complexes, durent trop longtemps, parce que les pays concernés ne sont pas au centre des préoccupations des médias, du public ou des autorités politiques... ou encore parce qu'il y a tellement de crises qu'on ne peut pas parler ou s’occuper de toutes.

Image d'une crise humanitaire.

L'action humanitaire telle qu'on l'entend aujourd'hui, avec la dimension de solidarité sociale internationale, est un phénomène relativement récent dans l'histoire. Elle remonte au 19e siècle et elle a connu une montée en puissance à partir des années 1960. 

Les médias, et notamment la télévision, ont joué un rôle déterminant dans la réponse du grand public aux crises humanitaires. Cela a été le cas notamment lors de la famine en Éthiopie en 1984, lors du tsunami au lendemain de Noël en 2004 ou encore avec le séisme en Haïti de janvier 2010. La couverture de ces événements a permis une prise de conscience de certains drames et une mobilisation considérable de ressources. 

L’une des difficultés qu’entraîne cette dépendance aux choix des médias, c’est que certaines crises sont négligées. Isabelle Duval, Directrice des projets au SEL explique : « Une crise négligée est une crise qui n’est pas ou plus du tout traitée dans les médias et qui pourtant est très grave. » Elle ajoute : « Les causes de ces crises sont généralement très complexes. En plus du manque d’attention de la part des médias, il y a également un manque de volonté politique. Ces crises se caractérisent aussi par leur durée assez longue. » 

Avec l’alliance Integral, le SEL veut attirer l’attention de son public sur la réalité des crises négligées.

Le SEL a des partenaires chrétiens locaux dans plusieurs des pays concernés 

Dans la liste des pays dans lesquels se déroulent des crises négligées, il en est plusieurs pour lesquels le SEL a des partenaires chrétiens locaux. 

Par exemple : 

  • Le SEL a financé le travail de Bana Ya Kivuvu pour distribuer des kits alimentaires à des ménages ayant trouvé refuge dans des églises de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo. Certains ont pu retourner dans leur village d’origine et ont reçu une aide à la réinstallation comprenant notamment une bâche et un kit de cuisine. Le partenaire a également mis en place un dispositif d’accompagnement des victimes de violences sexuelles, à travers des séances d’écoute, ainsi qu’un partenariat avec un centre de santé ayant accepté de prendre en charge gratuitement les victimes. Dans un second temps, le projet a permis de former 65 personnes déplacées à la fabrication de savon et 40 personnes aux techniques de maraîchage.
  • En Haïti, le SEL a accordé un soutien financier à l’UEBH (Union Évangélique Baptiste d’Haïti) à des petits commerçants en situation d’urgence afin de relancer leurs activités génératrices de revenus. Malgré un contexte particulièrement difficile en Haïti en raison de l’insécurité et de la présence des gangs, l’UEBH ne se résigne pas et poursuit son engagement en faveur des personnes vulnérables. L’organisation met tout en œuvre pour permettre aux familles déplacées de relancer une activité économique. On peut noter que la quasi-totalité des commerçants appuyés sont des femmes, souvent seule pour élever leurs enfants. 

Le lien du SEL avec certains partenaires locaux et certains pays le pousse à communiquer sur des crises qui s’y déroulent même si elles sont peu médiatisées ou que notre pays ne se concentre pas sur elles. Ce qui s’y passe est grave : mais ce que font les partenaires du SEL vaut la peine d’être connu et soutenu ! 

Une vérité fondatrice : la création en image de Dieu 

La Bible affirme que tout être humain a été créé « à l’image et à la ressemblance » de Dieu ou comme une « image ressemblante » de Dieu (cf. Genèse 1.26-27). Cela donne à chacun une dignité inaliénable. Prendre cette réalité en considération nous oblige à dire que toute crise humanitaire, quel qu’en soit le contexte, est un drame. En elle-même, elle mérite l’attention. Alors certes, nous ne pouvons pas répondre à toutes les situations de détresse de notre monde : mais penser d’abord en termes de création en image de Dieu pourrait parfois nous conduire à réviser certaines de nos priorités. 

Ne donnons pas dans la critique systématique des médias – ou de nos gouvernants ! Ils doivent nécessairement faire des choix, ne peuvent pas parler de tout ni être présents sur tous les fronts. Nous pouvons être reconnaissants pour tout ce qu’ils peuvent faire de bien et pour tous les moyens dont nous disposons pour nous informer. Il nous faut seulement nous rendre compte que les critères qu’ils utilisent pour mettre ou non une crise parmi leurs priorités ne peuvent pas être absolutisés. 

Parfois, c’est aussi le public – nous ! – qui manquons d’intérêt pour certains sujets : nous ne pouvons pas reprocher aux médias de ne pas traiter de sujets que nous n’aurions pas pris en considération s’ils nous les avaient proposés. Nous souvenir de la création en image de Dieu peut transformer notre regard sur le monde et sur nos frères et sœurs en humanité. Mais nous avons aussi besoin de l’espérance qui nous est donnée dans l’Évangile pour réagir et agir d’une manière qui plaise à Dieu.

Par où commencer ? 

L’ampleur des crises humanitaires a de quoi submerger celui qui veut bien commencer à s’y intéresser. Que pourrions-nous faire ? Par où commencer ? 

  • Il nous faut reconnaître avec simplicité nos limites – et nous demander aussi dans quelle mesure Dieu pourrait nous inviter à étendre nos limites. David Alonso, Directeur général du SEL, propose quelques réflexions sur que faire quand notre compassion s’épuise : https://www.selfrance.org/actualites/details/que-faire-quand-notre-compassion-sepuise/
  • Nous pourrions inclure le sujet des crises négligées dans nos prières personnelles et communautaires, peut-être en nous donnant l’objectif de suivre de plus près l’une de ces situations de crise pour prier de façon plus informée.
  • Nous pourrions réfléchir à ces sujets à la lumière de la Bible, par exemple en commençant par suivre le plan YouVersion du SEL sur les crises humanitaires : https://www.bible.com/fr/reading-plans/73919
  • Nous pourrions regarder régulièrement la rubrique urgence du site Internet du SEL pour répondre aux crises – négligées ou non – par un don : www.selfrance.org/secours-durgence/
Daniel Hillion, Directeur des études au SEL.
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Daniel Hillion
Directeur des études au SEL

Daniel Hillion est directeur des études au SEL. Il est notamment chargé de développer la réflexion biblique et théologique du SEL sur les sujets en lien avec la pauvreté.