Mieux qu’un poisson, apprendre à pêcher
Pour l'Association Compassion Vie pour l’Enfance (ACVE), apprendre un métier peut être une manière de relever les jeunes et les familles fragilisés par des crises humanitaires.
Dans une cour animée de Ouagadougou, les gestes parlent d’eux-mêmes. Ici, des femmes teignent des tissus aux couleurs vives ; là, d’autres coupent du savon encore tiède, apprennent à créer des granulés de jus, pendant que des hommes manipulent pour la première fois des outils de mécanique. Sous la coordination du pasteur Nikiema, les projets d’Activités Génératrices de Revenus mis en œuvre par l’ACVE ouvrent l’accès à de nouveaux métiers aux plus vulnérables.
Former pour... rêver !
Au Burkina Faso, la situation sociale et économique reste fortement fragilisée par l’insécurité et l’inflation. Pour beaucoup de familles, le coût de la vie augmente plus vite que les revenus, et l’accès à un travail stable est devenu rare. Dans ce contexte, la formation professionnelle constitue une clé essentielle pour reconstruire sa stabilité et son indépendance.
Tipoco, formée au savon et au koko donda, voit déjà le changement : « Grâce à la formation, je peux vendre ce que je produis… et l’utiliser pour moi aussi. » À ses côtés, Afiatou, qui a appris la confection de savon, rêve plus loin : « Je veux continuer chez moi, m’investir d’abord pour subvenir à mes besoins, puis former d’autres personnes qui seront dans le besoin. » Toutes deux témoignent du même désir : subvenir aux nécessités de leur famille à partir d’un savoir maîtrisé.
Travailler pour se reconstruire
Non loin d’elles, Moïse, ancien cultivateur et père de cinq enfants, répare un moteur avec sérieux. Comme lui, beaucoup ont fui le nord du Burkina, laissant derrière eux leurs terres et leurs repères. « Merci de ne pas juste nous avoir donné de l’argent pour manger du poisson, mais de nous avoir appris à pêcher », dit-il reconnaissant de l’autonomie financière que ces formations leur apportent. En effet, au-delà des revenus, modestes mais essentiels, le projet crée une reconstruction personnelle : apprendre à gérer, planifier, collaborer. Certains imaginent déjà un atelier, un espace de tissage, un centre où les métiers pourraient s’apprendre durablement. Ici, le travail n’est pas seulement un revenu : c’est une manière de se relever, de retrouver sa valeur, et de reconstruire doucement une vie interrompue, ou fragilisée par la précarité.
Donner les moyens de se relever durablement
Aujourd’hui, ces parcours ne demandent qu’à se multiplier. Derrière chaque formation, il y a une vie relevée, une famille soutenue, un avenir qui se redessine. Mais pour que ces initiatives continuent de porter du fruit, elles ont besoin de soutien.
En choisissant d’accompagner ces projets de développement, chacun peut contribuer concrètement à offrir bien plus qu’une aide ponctuelle : une véritable chance de reconstruire durablement. Ensemble, faisons le choix d’investir dans des talents, des savoir-faire et des espérances qui ne demandent qu’à grandir.