Burkina Faso : soutenir les déplacés au cœur d’une crise oubliée
La crise au Burkina Faso ne fait pas la une des journaux mais elle bouleverse chaque jour la vie de millions de personnes. Sur place, nos partenaires locaux œuvrent chaque jour pour protéger, former et soutenir les populations déplacées.
Depuis 2019, le Burkina Faso traverse une crise humanitaire sévère alimentée par des attaques répétées de groupes armés. Ces dernières ont provoqué des massacres de civils, des déplacements massifs de populations et l’effondrement des services de base dans de vastes régions du pays. En 2025, on compte plus de 2 millions de déplacés internes. Au cœur de cette situation largement oubliée de la scène internationale, des organisations locales viennent en aide aux déplacés.
Rester présents dans la tempête
Dans les zones directement menacées, beaucoup de chrétiens ont dû fuir. Les Centres de Développement de l’Enfant et du Jeune, qui se trouvaient au sein des Églises locales, ont fermé. Mais, une partie des enfants parrainés est restée sur place. Au milieu du chaos, les responsables des Centres essaient de garder le contact avec les enfants à travers WhatsApp ou à l’occasion de rencontres familiales (décès, mariage, maladies graves…) pour les encourager ou leur apporter une aide concrète.
Reconstruire le quotidien
Dans certaines zones, les populations déplacées ont pu rentrer chez elles grâce aux progrès de l’armée burkinabé qui parvient à regagner du terrain. L’un de nos partenaires a ainsi pu réintégrer son village. Une aide lui a été envoyée pour réparer une partie des dégâts provoqués par les groupes armés et reconstituer l’atelier de fabrication de savons d’un groupe de femmes du village.
De nombreuses personnes, en particulier les femmes et les enfants, trouvent refuge à Ouagadougou et en périphérie. Les témoignages de ces femmes sont poignants. Salimata a fui son village avec ses enfants et a été arrêtée en chemin par des hommes armés qui les ont dépouillés mais laissés en vie. Habibou a survécu en mangeant des feuilles d’arbres, incapable de se procurer du riz ou du maïs, et a utilisé des cendres pour faire la lessive. Awa, autrefois aisée, a tout perdu, y compris ses deux fils enlevés par les djihadistes. Ces femmes se sont regroupées et ont approché notre partenaire FAIR pour se faire former à la fabrication de savon ou encore la production de farine de maïs ou de pate d’arachide.
Un autre partenaire, ACVE, a dû intégrer plusieurs dizaines d’enfants déplacés à son programme deux fois par semaine et notamment à la cantine. Leur situation était trop précaire pour les laisser sur le côté.
Des actions qui comptent !
Le Burkina Faso fait rarement la une des actualités malgré une crise sévère qui s’est installée durablement dans le pays et dont les conséquences sont difficiles à porter par les populations locales.
Prier pour nos frères et sœurs sur place, pour la population dans sa globalité et pour les autorités du pays est l’une des actions concrètes qui peut déplacer des montagnes. Merci pour vos prières !
En plus de vos prières, soutenez nos partenaires locaux en faisant un don pour le Fonds d’urgence Burkina Faso.