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Le courage de faire entendre sa voix

C’est à l'âge de cinq ans que Sara quitte sa maison pour ce qu’elle et ses parents pensent être un avenir meilleur. Cependant, l’enfant se rend très vite compte que son nouveau foyer n’a rien de chaleureux… Heureusement, grâce au soutien de son Centre de Développement de l’Enfant et du Jeune (CDEJ), Sara trouve le courage de briser le silence afin de mettre un terme à son cauchemar.

Une douloureuse séparation

Sara a un rêve : enfiler un uniforme et se voir offrir ses premiers stylos de la part de ses parents pour enfin accompagner ses grands frères et sœurs à l’école ! Mais alors que le grand jour approche, sa tante qui habite dans une grande ville éloignée, la prend sous son aile après avoir reçu l’accord de ses parents. Sara reste enthousiaste, sa nouvelle tutrice est enseignante et fait miroiter à son père et à sa mère un bel avenir pour elle. « Tu iras dans une meilleure école là-bas », sourient-ils, faisant briller d’anticipation les yeux de l’enfant. Après des adieux déchirants mais pleins d’espoir en vue de cette aventure, Sara quitte son foyer pour se rendre à Dar es Salaam à plus de dix heures de bus.

Une mauvaise surprise

Pour Sara, habituée au calme de la vie rurale, s’ajuster à la vie trépidante de la ville est difficile. Heureusement, l’école et le Centre de Développement de l’Enfant et du Jeune qu’elle intègre sont pour elle un refuge et lui permettent rapidement de se lier d’amitié avec des enfants de son nouveau quartier.

Cependant, son quotidien à la maison est loin de ressembler à celui de ses frères et sœurs.

"Je me levais avant tout le monde pour faire les tâches ménagères, préparer le thé et entretenir le jardin", raconte Sara.

Se préparant pour l’école avec hâte après s’être occupée de la maison , la petite n’a bien souvent pas le temps de petit-déjeuner. Pire, Sara passe la plupart de ses journées le ventre vide, son école ne proposant pas de repas et sa tante ne lui donnant pas d’argent pour qu’elle se restaure. Le soir, on l’autorise à dîner seulement après que sa tante ait terminé. « J’avais faim tous les jours et peur de demander de la nourriture… » se souvient douloureusement la jeune fille. Les douces promesses de sa tante semblent oubliées, et même les plus petites erreurs sont sévèrement punies.

Le courage de briser le silence

Heureusement, chaque samedi, Sara se rend au CDEJ de Dar es Salaam où elle peut enfin manger à sa faim. Là-bas, elle reçoit l'affection et les soins qu'elle ne reçoit pas à la maison. De plus, tous les mois, le centre organise un cours pour sensibiliser les bénéficiaires à la protection de l'enfance, leur rappelant leurs droits et leur expliquant comment signaler un cas de maltraitance et vers qui se tourner. Grâce à ces séances, Sara trouve petit à petit le courage d'en parler à son professeur. En effet, tout paraissait bien se passer chez sa tante à chaque fois qu'une personne du CDEJ s'y rendait et personne ne se doutait de ce qu'elle avait à endurer une fois la porte fermée.

"Entendre ce que Sara vivait à la maison m'a brisé le cœur. J'ai raconté cette histoire à notre pasteur et nous avons signalé la situation par le biais des canaux de Compassion. Ils ont conseillé de la réunir avec ses parents", explique Maria, membre du personnel du CDEJ.

Un heureux retour

Sara avait passé très peu de temps avec ses parents depuis son départ, ne les ayant visités qu'à deux reprises avec sa tante pour de courtes durées.

"J'étais heureuse de rentrer chez moi et de retrouver mes frères, mes sœurs et mes parents. Ce qui me rendait heureuse par-dessus tout, c'est que je n’avais pas à retourner chez ma tante", se souvient Sara.

Heureux retour d'enfants africains à la maison

Transférée dans un CDEJ proche de chez elle, la fillette continue de recevoir un soutien scolaire, physique, social et spirituel, ainsi qu'une aide alimentaire pour sa famille. Aujourd’hui, ses matins sont remplis de joie, d'espoir et d'anticipation alors qu'elle aide patiemment ses frères et sœurs plus jeunes à se préparer pour l'école, laissant derrière elle les soucis et la faim.

Parrainer c’est aussi protéger des enfants vulnérables comme Sara ! Pour en savoir plus sur le parrainage, rendez-vous sur la page dédiée.