Comment va-t-on nourrir la population mondiale en 2050 ?
Faim, surpopulation, gaspillage alimentaire : comment le monde pourra-t-il nourrir 9,7 milliards de personnes en 2050 ? Chiffres et pistes d'action.
Entre 638 et 720 millions de personnes ont souffert de la faim en 2024 , soit une estimation centrale de 673 millions ( source : FAO, Carte de la faim 2025 ) . Et la planète, qui compte 8,2 milliards d'habitants en 2024, devrait en compter 9,7 en 2050 (source : ONU, World Population Prospects 2024 ) . Comment nourrir autant de bouches dans un monde déjà en tension ? Des pistes existent.
Produire davantage
Si l'on maintient les niveaux de consommation actuels, une augmentation de 70 % de la production alimentaire semble nécessaire d'ici 2050 . Des estimations plus récentes tablent sur une hausse d'environ 50 % par rapport aux niveaux de 2012 . Dans les pays en développement, 80 % de cet accroissement viendrait d'une hausse des rendements, et seulement 20 % d'une expansion des terres arables .
Consommer autrement
Augmenter la production ne suffira pas si nos habitudes restent inchangées . Comme le rappelait Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, si les ressources mondiales étaient mieux gérées, la planète pourrait nourrir près du double de sa population actuelle. La question des protéines animales est centrale. L'agronome Marc Dufumier illustre l'enjeu : au Brésil, un hectare de terre peut nourrir cinquante végétariens, mais seulement deux carnivores .
Le gaspillage alimentaire est l'autre chantier majeur. En 2022, 1,05 milliard de tonnes de déchets alimentaires ont été produits, soit 132 kilogrammes par habitant et près d'un cinquième de tous les aliments disponibles pour les consommateurs . La responsabilité est partagée tout au long de la chaîne : 60 % du gaspillage provient des ménages, 28 % des services de restauration et 12 % du commerce de détail
Des défis qui restent entiers
Le changement climatique pèse déjà sur les rendements agricoles et la pêche . La compétition pour l'usage des terres — entre alimentation humaine, animale, agrocarburants et préservation de la biodiversité — reste un point de friction majeur, souvent résumé sous le terme des « 4F » (food, feed, fuel, forest) . Enfin, la disponibilité des ressources ne garantit pas leur accessibilité : de nombreux pays restent dépendants des importations et la volatilité des cours agricoles demeure un risque réel pour les plus vulnérables .
Une volonté collective à construire
Les ressources et les technologies nécessaires pour nourrir le monde en 2050 existent. Ce qui manque, c'est la volonté politique et la mobilisation collective pour les mettre au service de tous. La sécurité alimentaire mondiale ne se jouera pas seulement dans les champs, elle se jouera aussi dans nos assiettes et dans nos choix de société .