Comprendre le microcrédit et son impact pour sortir de la pauvreté

Difficile de se sortir de la pauvreté lorsque l’on est exclu des systèmes économiques et bancaires classiques.


Les activités de microcrédit encadrées par le SEL répondent premièrement à un but social et non pas financier. C’est dans cette optique que des partenaires chrétiens locaux sont soutenus dans les pays en développement où l’artisanat et le commerce de proximité sont largement répandus.

Un capital de départ, même minime, permet de développer une activité  génératrice de revenus. Le microcrédit, combiné ou non à des activités d’épargne, selon les possibilités des partenaires sur place, est donc une réponse efficace et rapide pour sortir de l’exclusion et de la pauvreté.

Retrouvez un dossier spécifique sur ce thème. 

Le microcrédit, en quelques notions :

  • Encadrement et Formation systématique et spécifique des bénéficiaires

Les bénéficiaires d’un microcrédit délivré par les partenaires du SEL doivent recevoir systématiquement une formation en gestion adaptée au type d’activité génératrice de revenus qu’ils souhaitent mettre en place.
Un encadrement rapproché est également mis en place. C’est souvent indispensable pour un bon suivi et également un encouragement des bénéficiaires dans la mise en place de leurs petites activités génératrices de revenus.

  • Définition des Activités Génératrices de Revenus avant octroi des microcrédits

Les partenaires du SEL discutent systématiquement avec chaque bénéficiaire ou groupement bénéficiaire sur la pertinence et la validité de leur projet d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) avant d’accorder un microcrédit.

  • Renouveler le nombre de microcrédit jusqu’à autonomie

Habituellement un microcrédit se fait sur une courte ou très courte durée (entre 4 et 12 mois). Les remboursements sont échelonnés selon que l'activité permette de bénéficier d’un revenu journalier, hebdomadaire ou mensuel. Bien que cela puisse limiter le nombre de bénéficiaires, mieux vaut avoir une activité qui procure à une femme de quoi prendre en charge tous les besoins de son foyer, que deux ou trois bénéficiaires qui, dès qu’une difficulté se présente, retourneraient à leur état d’origine.

  • Limiter le montant des microcrédits pour que les plus pauvres puissent en bénéficier

En Afrique, les montants prêtés sont d’avantage de l’ordre de 50 à 200 €. La tentation est toujours forte pour nos partenaires d’augmenter les plafonds de microcrédit pour financer des projets d’AGR toujours plus ambitieux. Pourtant le SEL insiste pour qu’une grande partie de ces montants restent bas (plus de 70%), afin de se concentrer sur les plus pauvres et laisser éventuellement à d’autres organisations de microcrédit plus importantes, la possibilité de subventionner le projet de ces « pauvres émergents ».

  • Une réaction mesurée face à l’échec du remboursement

Un échec peut toujours arriver. Cependant nos partenaires sont encouragés à rester compréhensifs lorsque les bénéficiaires éprouvent des difficultés de remboursement. Il s’agit d’étudier avec eux une solution mutuellement acceptable comme par exemple, un rééchelonnement des remboursements ou une entente avec le groupement solidaire. Cette solution peut même aller jusqu’à l’annulation pure et simple de la dette si aucune autre issue ne peut être trouvée.

  • Un taux d’intérêt raisonnable

La notion de « raisonnable » est relative selon les pays et les contextes locaux. L’inflation, la rareté monétaire, la flambée du prix des matières premières… peuvent avoir une incidence directe sur les taux d’intérêt.

Ainsi, un taux de 7% par exemple peut paraître élevé pour la France mais n’a rien d’anormal lorsque les prêts sont des faibles montants prêtés sur une très courte durée. L’importance relative du taux se justifie par des coûts de gestion élevés (déplacements fréquents, temps passé en formation et conseil des bénéficiaires, traitement administratif aussi lourd que pour un crédit « normal », etc.). Par ailleurs, il ne faut pas oublier que sur des petits montants dont le remboursement est limité dans le temps, les intérêts cumulés représentent une somme finalement très faible. Néanmoins, le SEL reste vigilant sur le microcrédit tel qu’il est pratiqué par ses partenaires afin qu’il reste un outil de développement et non pas un moyen d’enrichissement facile.

  • Respecter les dispositions législatives

Le SEL veille à ce que chacun de nos partenaires engagés dans des opérations de finance (épargne, crédit, etc.) reste dans le cadre légal tel qu’il est défini par les autorités compétentes locales. Lorsque cela s’avère nécessaire et faisable, tant au niveau financier qu’au niveau administratif, le SEL peut subventionner la mise en conformité permettant au partenaire l’obtention d’un éventuel agrément.