Les écoliers de Port-au-Prince
Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que tous les petits écoliers des zones sinistrées reprennent le chemin de l'école, cartable sur le dos, à la rentrée prochaine.
Dans un pays où, avant le séisme déjà, la moitié des enfants en âge scolaire n'allaient pas à l'école, il est urgent de favoriser une éducation de qualité. C'est là une priorité pour le gouvernement haïtien.
Soutenir l'éducation des enfants pour reconstruire Haïti, est aussi notre priorité et celle de notre principal partenaire sur place, Compassion Haïti.
"Je pensais que je ne retournerais plus jamais à l'école."
Voici le témoignage de Ferlandie, une jeune fille parrainée.
Ferlandie a passé plusieurs heures sous les décombres quand son logement s’est effondré, tuant 8 personnes.
Bien qu’elle ait souffert de blessures graves à la tête, aux yeux et aux bras, Ferlandie a survécu à la catastrophe. Malheureusement, les sauveteurs n’ont pas pu sauver sa sœur aînée ni sa cousine.
Ferlandie souffrait physiquement mais aussi psychologiquement.
«Après le séisme, je vivais avec une grande peur et je m’inquiétais beaucoup pour mon avenir. Je pensais que je ne serais plus jamais capable de retourner à l’école et devenir la personne que j’ai toujours rêvé d’être.»
«Je voudrais travailler dans l’éducation nationale, car l’éducation est un des plus grands défis pour notre pays. Le nouvel Haïti a besoin de personnes dans des positions clés et je crois une chose : si je suis en vie aujourd’hui, Dieu a une raison pour cela et pour le reste de ma vie, je veux être disponible pour Lui et pour Son service. »
L’école : un enjeu majeur dans la reconstruction du pays
L'état des lieux, en quelques chiffres.
Les études psychologiques démontrent que la reprise des classes a un effet "réparateur" pour les enfants qui ont subi un choc. Reprendre le chemin de l'école revêt un caractère hautement symbolique pour l'ensemble du pays : le retour à une vie "normale", enfin !
La reprise de l'école, c'est aussi un facteur de sécurité pour les enfants.
- Les médias ont rapporté de nombreux cas de maltraitance sur les enfants désoeuvrés, dans les cités de tentes.
- Beaucoup d’enfants ont également été brûlés par des casseroles chaudes ou des poêles de charbon pendant que leurs parents faisaient la cuisine sous la tente.
« J’ai visité plusieurs cités de tentes dans les endroits touchés. La situation est critique ; les enfants subissent des abus quotidiens, ils sont complètement livrés à eux-mêmes et leurs droits ne sont pas respectés »
a constaté Marie Yolène Jules du National Network of Human Rights.
Et les enfants sont motivés !
Judith, 15 ans témoigne :
« Chaque jour, je dois marcher pendant deux heures pour aller à l'école : six kilomètres au total. C'est fatigant mais je sais que je dois poursuivre mes études. (…) C'est ma raison de vivre. »
Mais les difficultés à surmonter sont nombreuses...








