Crise alimentaire : le SEL a ouvert un fonds d'urgence

La crise alimentaire occasionnée par la hausse du prix des denrées alimentaires est réelle et pourrait bien durer. Les conséquences pour les populations les plus démunies sont dramatiques.

Le SEL a décidé d’ouvrir un fonds d’urgence alimentaire pour permettre à ses partenaires de maintenir leur soutien auprès des populations en difficulté.
Pour savoir comment se manifeste au quotidien cette crise, nous les avons interrogé :  ils nous donnent des exemples concrets, des témoignages vécus.

A lire aussi, quelques éléments de réflexion pour mieux comprendre l'ampleur de cette crise.

 

 

La crise alimentaire, concrètement :

850 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim et 25 000 personnes en meurent chaque jour. Voilà pour les chiffres, ceux de 2006... Qu'en sera-t-il demain ?

Et les mots ? Voici ceux d'aujourd'hui, ceux de de nos partenaires qui côtoient au quotidien les hommes, les femmes et les enfants qui souffrent :

"Je vous cite juste un exemple vécu : celui de cette femme qui a fait 15 km à pieds pour venir chercher une tine de maïs au chef lieu, pour s'entendre dire "il n'y a plus rien". En larmes, elle rebrousse chemin..."
Isaac Louka ADA, Gogo - Burkina Faso

"Nous faudra-t-il diminuer la ration alimentaire ou encore le nombre de repas ? Le choix est difficile car il aura des effets sur la santé des enfants !"
Lucien, Bénin - Responsable d'un projet Ticket-Repas.

"Dans certaines régions, les gens commencent à avoir faim et ne peuvent manger qu’une fois par jour. La situation risque de s’aggraver, les stocks commencent à manquer."
Béatrice - Sénégal

 

"Le riz a atteint 18 000 CFA pour 50 Kg. La majorité des salaires se situe autour de 50 000 CFA. L'huile est passée de 600 CFA à 1 000 et à certains endroits à 1 200. Le maïs n'a pas de prix, il se vend à 12 500 dans la région de l'ouest dans certains villages, et il atteint 17 500"
Isaac Louka ADA, Gogo - Burkina Faso

"Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 70 % et nous ne savons pas comment les jours prochains seront.

La famine avec ses soupirs de détresse est déjà dans les familles. 

Nous avons déjà dû secourir trois femmes venues se jeter par terre au centre, malades. Diagnostic : battements de coeur dus aux soucis. Que faire de leurs enfants ? un autre problème. Les enfants, eux mêmes s'accrochent à nous...

Pour le projet en cours,  nous avons fait le stock de haricots, maïs et gari au moment où ce n'était pas encore très cher. Le stock peut nous pousser encore un ou deux moix et nous ne savons pas ce qui se passera après..."
Symphorienne, Tabligbo - Togo

 

Le fonds d’urgence alimentaire du SEL a servi à :

•  répondre aux besoins de nos partenaires (principalement en Afrique francophone) confrontés à cette situation d’urgence,

•  soutenir des projets à plus long terme visant notamment à améliorer les rendements agricoles.