Un projet Ticket-Repas pour les enfants victimes de trafic, au Togo.

Départ pour le Togo. Notre destination : l'orphelinat "le Bon Refuge" où vient de débuter le repas :



D'où viennent les enfants du Bon Refuge ?

Certains ont été enlevés ou bien vendus,

"J'ai été victime de trafic quand j'avais 13 ans. On m'a dit  que j'allais travailler au Grand Marché de Lomé, mais on m'a emmenée dans une ferme lointaine. J'ai travaillé dans les champs de piment pendant cinq ans. C'était très dur."

"Pour A., c'était les travaux forcés, dès trois ans. Les familles désespérément pauvres vendent parfois un enfant. On leur promet que l'on va bien s'en occuper, mais A. devait aller au champ, tous les jours, pour ramasser du manioc : déterrer le manioc, l'éplucher, l'emmener au moulin, vanner, tamiser, puis le mettre au feu." 

 

certains ont été abusés,

"Je travaillais comme domestique, le monsieur m'a "grossie". J'étais si malade, après l'accouchement, que j'ai dû m'enfuir. Quand il n'était pas là, je suis partie par derrière pour éviter les enfants qui nous surveillaient. Sur la route, j'ai supplié un homme qui m'a prise en moto. Puis, je me suis abritée dans une église. J'ai marché, marché. Enfin, je suis arrivée au bon refuge."

 

ils ont travaillé dur au lieu d’aller à l’école,

 "J. a 12 ans. Son papa est mort quand elle était bébé, alors elle est allée chez une tante pour vendre des beignets, puis chez sa grand-mère, qui l'envoyait aux champs. Des fois, il n'y avait rien à manger à la maison : il fallait faire 15 km à pied pour chercher quelque chose, chez un oncle qui faisait du charbon du bois. Après une journée de travail et de marche, il lui fallait encore chercher du bois pour que cet oncle lui donne quelque chose à manger."

 

ils ont été battus ou abandonnés,

"M. a été abandonné au marché à l'âge de 18 mois, le chef du village l'a récupéré. Après de vaines recherches, il l'a remis au préfet, les "affaires sociales" l'ont confié au bon refuge.  Il était très perturbé, ne parlait pas du tout, au début. Depuis trois mois, il va mieux : c'est un petit garçon taquin, souriant…"