Pasteur Joel Tabasa
Pasteur Joel Tabasa

Le parrainage transforme la cité à Cebu City aux Philippines

 

 

Le pasteur Joel nous décrit la situation ainsi : "Les gens ne voulaient même pas voir les enfants du quartier dans l'église. Ils les voyaient comme des trouble-fête ou des voleurs potentiels". Pourtant l'église de ce quartier mal famé de Cebu a commencé à attirer les enfants des environs.

Joel se souvient avoir regardé une fois ces enfants rassemblés le dimanche matin en se disant : "Combien d'entre eux deviendront prostitués ou drogués ?"

Et petit à petit, il y a eu comme un changement d'attitude parmi les membres de l'assemblée. Ils ont commencé à voir cette initiative à l'égard des enfants comme un élément stratégique de leur témoignage. Depuis, l'église a gagné le respect de toute la communauté alentour.

 

Une autre initiative, un peu plus risquée, a été l'organisation de jeux olympiques familiaux au cours desquels les familles se sont réparties en dix groupes.

"Certains des pères étaient plutôt rapides à la détente" nous confie le pasteur Joel. L'opération comportait quelques risques de bagarres. Mais l'objectif était de montrer que l'on peut se détendre avec autre chose que de la drogue ou de l'alcool.

Les équipes devaient elles-mêmes rechercher leurs propres fonds pour payer leur uniforme, la nourriture et le transport jusqu'au lieu de l'événement. Des centaines de familles sont venues dans un réel esprit de compétition sportive. Pour de nombreux enfants, c'était bien la première fois que leur père jouait avec eux.

 

Le pasteur Joel sait que tout n'est pas encore gagné. Alors qu'il traversait récemment le quartier, un soir, au volant de sa voiture, un jeune l'a arrêté pour lui proposer une prostituée. Quand le jeune proxénète s'est rendu compte qu'il parlait au pasteur, il s'est brusquement tu.

Le pasteur, conscient qu'il s'agissait d'un ex-enfant parrainé, s'est tourné vers son épouse en disant : "Lui, nous l'avons manqué". Et en partageant cette anecdote avec nous il ajoutait, les larmes aux yeux : "Je ne veux pas en perdre un seul autre".

 

Paul O'Rourke (Directeur de Compassion Australie)