Témoignage de Mickael - Kénya

Mickael a 30 ans, il est instituteur, marié. Il venait juste de devenir papa au moment de cet interview.

Il a échappé à la misère grâce au parrainage. Sa reconnaissance envers son parrain l'a conduit à donner le prénom de son parrain à son fils, en souvenir de leur correspondance... Une belle histoire !

 

 

"En 1981, j’ai commencé à aller à l’école, comme tous les enfants de mon âge. Mais, j’ai dû arrêter après deux trimestres. Ma mère m’élevait seule depuis le décès de mon père et nous étions trop pauvres.

 

En 1983, j’ai pu être scolarisé à nouveau…. Après la grande famine de 1984, je ne pouvais plus payer mon uniforme. J’avais 7 ans, j’ai dû commencer à travailler comme gardien de troupeau. J’allais de famille en famille, parfois très loin de chez moi, pour gagner 50 shillings par mois (un peu plus de 50 centimes d’euros)

 

En 1987, j’ai rencontré un  professeur qui travaillait dans une école rattachée à Compassion Kénya. Il a décidé de m’intégrer au programme de développement et de me rechercher un parrain. Chris a répondu présent !

 

J’ai donc repris ma scolarité là où je l’avais arrêtée, en deuxième année.

 

L’équipe de Compassion m’a acheté un uniforme pour pouvoir reprendre l’école, grâce au soutien envoyé par mon parrain, mais ils m’ont aussi nourri car j’avais réellement faim et souffrais de carences alimentaires. Toute ma scolarité, payante à l’époque (ce qui heureusement a changé depuis 2003) et tous mes besoins en fournitures, livres, uniformes et  chaussures nécessaires pour poursuivre ma scolarité ont été pris en charge.

 

Les lettres que j’ai échangées avec mon parrain ont été très importantes pour moi. Nous partagions nos difficultés. J’étais au courant des difficultés de Chris et son épouse pour avoir un enfant, puis de leur divorce. Encore aujourd’hui il m’arrive parfois de relire ces lettres.

 

Je réussissais bien dans mes études et j’ai pu entrer dans une école de formation pour instituteur, toujours grâce au soutien de mon parrain et de Compassion.

 

Je suis maintenant responsable de l’un des centres de Compassion Kenya, dans la région d’Embu, au nord du pays. Je n’imagine pas travailler ailleurs. J’ai pleuré, j’ai vécu la misère mais à présent j’ai une place dans la société, je suis professeur, je veux aller plus loin, apporter cette merveilleuse opportunité à d’autres.

 

            Aujourd’hui est un des plus beaux jours de ma vie. Je viens de devenir papa. J’ai appelé mon fils Chris. Comme mon parrain.

 

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