« Nous l’avons vu, les centres d’accueil transforment la vie des enfants »

Hélène Roche est une marraine qui s’est rendue récemment en République Dominicaine pour visiter des centres d’accueil d’enfants parrainés. Daniel Hillion, responsable des relations publiques au SEL, a eu l’occasion de l’interviewer sur son voyage…

Pérou - Kathy rencontre sa marraine ; une journée inoubliable après 9 années de correspondance.

Où étiez-vous exactement ?

Mon mari et moi, nous nous sommes rendus à La Caleta, à 30km de Santo Domingo. Si la ville de Santo Domingo est plutôt moderne, nous avons découvert à quel point la grande banlieue est défavorisée, très pauvre, avec des bidonvilles et des enfants dans la rue. Il y a une grande misère et beaucoup de chômage.

Quels sont les problèmes principaux auxquels ces enfants sont confrontés ?

Il y a beaucoup d’enfants qui n’ont pas de famille stable. Les jeunes filles se trouvent mère entre 13 et 14 ans.  Les enfants n’ont pas vraiment de père et ces jeunes filles fréquentent plusieurs compagnons dans leur vie. Il y a très peu de mariages et beaucoup de divorces. Ces enfants n’arrivent pas à avoir un cadre de vie normal. Ils traînent dans la rue et se retrouvent mêlés à la drogue et à la prostitution.

Durant ce voyage, vous avez eu l’occasion de visiter des centres de parrainage qui font partie du réseau Compassion République Dominicaine, partenaire du SEL. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai pu visiter 3 centres. Chacun est rattaché à une église évangélique qui le soutient spirituellement. Il y a énormément d’églises évangéliques dans ce quartier mais aussi dans toute la République Dominicaine.

Là-bas, on n’a pas peur d’afficher son christianisme. Le personnel des centres est chrétien. On sent qu’il est dévoué pour les enfants.

Une équipe, c’est combien de personnes ?

Ça dépend des centres. Dans le 1er que j’ai visité, il y avait, pour 180 enfants, une directrice, une pasteure, un psychologue, 7 éducatrices et 2 cuisinières.
Dans le 2ème centre pour 265 enfants, une directrice, un pasteur, un psychologue et 5 éducatrices.

 

Comment s’organise le temps passé au centre ?

Les enfants vont à l’école soit le matin, soit l’après-midi. Pendant le temps non scolaire, ils viennent au centre. Les écoles ne peuvent pas accueillir tous les enfants en même temps.  Dans les centres, ils reçoivent un soutien spirituel (chant, étude biblique, prière), un soutien au niveau de la santé et de l’hygiène et un soutien psychologique. Deux fois par an, l’éducateur va dans la famille pour voir comment ça se passe. Les familles aussi sont suivies.

Est-ce que le parrainage aide ces enfants à sortir de ces situations de misère ?

Oui tout à fait. Nous l’avons notamment vu dans le 3ème centre qui accueille une tranche d’âge surprenante : 14-18 ans. Ces adolescents suivent des cours d’anglais et d’espagnol et reçoivent des formations professionnelles qui leur permettront de gagner leur vie normalement et non pas grâce à la drogue ou la prostitution.

Comment avez-vous vécu le contact avec les enfants ?

Très bien ! Nous étions attendus ! Les enfants avaient décoré les centres et s’étaient habillés pour l’occasion. Je parle l’espagnol ce qui a beaucoup facilité les choses.

Dans le 1er centre, nous leur avons proposé, mon mari et moi, de leur raconter l’histoire du semeur dans Matthieu. Ils étaient ravis. Je contais en espagnol et mon mari montrait les illustrations qu’il avait préparées. Après l’histoire, chaque enfant voulait son dessin ! Mon mari a donc du reproduire le semeur de nombreuses fois ! Ces enfants ne savent pas dessiner et pour eux, c’était incroyable de voir comment on peut représenter un être humain. Ils ont tous essayé de le dessiner ensuite ! 

Je leur ai aussi appris une chanson très simple. Eux à leur tour, nous ont également chanté des chants avec les rythmes d’Amérique Latine ! C’était très joyeux !

Pouvez-vous nous raconter l’histoire d’un enfant en particulier ?

Oui. On nous a présenté  Santiago, un enfant de 11 ans. Il avait de gros problèmes de relation, étant  violent avec les autres et avec lui-même. Lorsqu’il est venu au centre, le personnel encadrant n’était pas sûr de le garder. Mais petit à petit, il a changé et il s’est converti.

Quand nous l’avons rencontré, il s’est jeté dans mes bras ! Je ne suis pas sa marraine mais pour lui je devais représenter le parrainage. Je l’ai serré contre mon cœur parce qu’il était vraiment touchant…

Il nous a raconté qu’il est désormais heureux  parce qu’il sait qu’il est aimé et que même s’il n’a pas de père physique, il a un père spirituel à qui il peut parler. Il se sent aimé au centre, il apprend des choses. Grâce au parrainage, Santiago a pu rencontrer Dieu et il a changé son comportement du tout au tout… Donc oui le parrainage peut vraiment transformer la vie de ces enfants et les faire sortir de la misère à laquelle ils sont destinés…

 

Découvrir le récit de Mireille Trouilhet et de sa rencontre avec sa filleule, Rosalin, en République Dominicaine.